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Début février 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Pas de pluie ou à peine, pas de neige, pas vraiment, une semaine plutôt sèche, sans précipitation qu’il ait fallu noter. Sans précipitation dans aucun des deux sens principaux de ce mot, sans eau qui tombe du ciel, sous quelque forme que ce soit, sans choses trop rapides, sans vitesse excessive même si on commence à bien sentir partout que la prochaine étape ce sera le printemps et toutes ses explosions.
Alors en attendant, regarder la neige fondre ou bien se transformer, les cristaux devenir grains de sable, de gros sel, de gravier, un peu comme glace pilée, mais en plus régulier. Avec la neige qui fond, partout l’humidité, même sans pluie et sans neige, l’eau tranquillement présente pour toutes les racines qui n’attendent que ça, une eau à volonté, sans précipitation.
Alors en attendant, en profiter encore tant que les feuilles sont absentes pour bien voir les oiseaux qui slaloment dans les branches, fréquentent encore souvent la mangeoire qu’on laisse un peu plus longtemps vide maintenant que le sol, ses graines et toutes ses ressources s’offrent à eux de nouveau. Regarder les oiseaux même si parfois des scènes peuvent paraître cruelles, comme voir cet épervier ou peut-être ce faucon poursuivre un merle qui fuit, nous faire craindre pour la vie de ce bel oiseau noir avec son bec jaune quand l’autre partie de nous se réjouit aussi que l’épervier, le faucon, l’oiseau aux si belles ailes, fuselées et soulignées de fines raies bicolores, puisse aussi se nourrir. Vie et mort emmêlées quand on regarde en même temps, et proie et prédateur.
Alors en attendant de savoir démêler toutes nos contradictions au sujet de la vie, prendre un peu de hauteur en regardant vers le haut, les étoiles et la lune. La lune qui était pleine au début de cette semaine, et continue encore à éclairer la nuit d’autant plus quand le sol, encore couvert de neige, reflète la lumière qu’elle reflète du soleil. Jeu de double miroir qui se joue encore mieux quand les nuages, eux, ne sont pas de la partie. Alors la nuit est claire, les branches nues des arbres en fines ombres chinoises au bas de cette image, les étoiles au-dessus et au petit matin, pour bien se souvenir de la clarté de la nuit, encore un peu de blanc déposé sur le sol, gelée blanche comme une preuve du passage par ici de ce marchand de sable qui passait toutes les nuits quand on était enfant et qu’on oublie trop vite.
Alors en attendant, épier et surveiller, pour ne rien laisser filer de la magie du printemps, se fier à celle des plantes qui savent la saison depuis le fond de la terre et s’ébahir encore ou s’ébahir déjà devant les jeunes pousses des jonquilles à venir. Entre déjà et enfin, contradiction toujours de nous, seulement humains, impatients et frivoles quand on sait pourtant bien que jusqu’au mois d’avril, peut-être jusqu’en mai, il risque de neiger, de geler, de tuer toutes les optimistes qui ont cru bon trop tôt de faire fleurir leurs fleurs et d’ouvrir leurs bourgeons