Archives par mot-clé : chaleur

Fin mai 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Chaleur. On entend même parler, parfois, de canicule. Avant de l’écrire ici, pour ne pas exagérer malgré le ressenti, trouver le vrai bon sens de ce qu’on dit canicule. Ici il a fait chaud. Semaine un peu spéciale, quelques mètres plus bas, entre les murs du village, entre les mots des amis venus parler de l’écrit, de comment il se vit et de tout ce qui s’en suit. Une semaine loin des arbres, ou plus précisément, loin du proche des arbres, les voir seulement de loin, de près parfois aussi, mais seulement de temps en temps. Alors, se contenter de l’abri fait de planche, fait du bois d’anciens arbres, mais un abri sans feuilles. De quoi se rendre compte de la valeur de l’ombre quand c’est l’ombre des arbres, le mouvement de leurs feuilles pour faire œuvre d’éventail, de ventilateur géant, mais chaque feuille dans son sens, chacune sa direction pour dévier le souffle léger. C’est peut-être ça le secret du si frais sous les arbres quand l’ombre d’autre chose n’a pas la même valeur, même si elle reste une ombre. De plus l’ombre des arbres n’est pas une ombre sombre, elle laisse passer le jour et ses rais de lumière, choisis dans le sous-bois les endroits qui auront les honneurs de la lumière, mais en changeant bien vite pour que toutes en profitent sans faire aucune jalouse parmi les plantes plus basses et les arbres en croissance.
L’ombre aussi du bruit de l’eau, le frais par les oreilles, pas seulement par la peau, par le repos des yeux qui peuvent s’ouvrir en grand sans devoir se plisser. Le bruit de l’eau quand elle bouge, quand elle produit du son, pas quand elle est stagnante, le bruit de l’eau qui descend, sans jamais s’endormir dans le lit du torrent, qui s’écoule incessante dans le bassin de la fontaine où on plonge sa main sans pour autant cesser ou dévier le flot des mots, des pensées, d’un échange, assis sur le rebord, un pied posé par terre pour la stabilité et l’autre jambe pliée pour qu’on ait pu s’asseoir, perfection de nos deux jambes par leur indépendance. Stabilité tranquille de l’immobilité, le bruit de l’eau rafraîchit.
Les hirondelles qui vivent dans les nids sous les toits ont vue sur cette fontaine. Ailes formées en croissants, queue en début de queue de pie quand elles filent comme des flèches, habit sobre noir et blanc avec un peu de gris, mais pas trop de temps quand même pour voir tous les détails tant son plan de vol n’est fait que de tours et détours, un côté vol de mouche de celles qui fuient toujours où on ne s’y attend pas au moment de les chasser, pour le bruit incessant de leur vol infatigable, pour les titillations de leurs pattes sur la peau.
Alors, tranquillement installées, à l’ombre du bruit de l’eau, échanger mots, idées, impressions, expériences, lectures et écritures, car comme mes autres textes, ces textes du dehors, de la nature autour, branche dessus, branche dessous, passent quand même un peu par le dedans de nous, par vos yeux, par mes doigts sur les touches du clavier, par l’intérieur des mots et de leur écriture

Fin de mi-mai 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Une semaine sans pluie avec le chaud qui monte jusqu’à nous inciter à ne chercher que l’ombre et plus grand-chose d’autre. Il fait chaud aujourd’hui. Très chaud. Et hier aussi. Et c’est bien difficile de se souvenir du frais d’il y a une semaine. Vérifier dans les notes, les photos, le journal, avoir du mal à croire, se dire qu’il faudrait relever toutes les températures. Relever les températures, ironie du vocabulaire. Des nombres qui ne diraient pas la peau moite de trop chaud, les frissons de trop froid mais qui aideraient quand même à se remettre dans le bain, dans l’ambiance du moment pour rédiger ce journal de toutes les semaines quand la fin de la période prend le pas sur le début, écrase les souvenirs, les gomme et les estompe. Des impressions. Les agréables ou les désagréables? Les émotions les plus intenses ou bien les plus récentes? Savoir ensuite refaire la même place à chacune quand on parle de journal, de chronique, une sorte de rapport qui remettrait tout le monde, tous les jours de la semaine à la même hauteur, qu’ils soient récents ou pas ?
Le chaud s’est installé, mais juste après le froid et pas mal de pluie, alors pour les plantes, rien encore de trop grave, ce sera sûrement ensuite, une question de durée. Mais pour l’instant le vert reste bien vert et pimpant sans se tourner vers le jaune. La vigne refait ses feuilles après le passage des biches qui avaient tout mangé jusqu’à parfois plus haut que la hauteur de mes yeux. L’osier de son côté a perdu son sommet, il a perdu la tête, grignoté lui aussi, tout comme les pommiers et jusqu’à la rhubarbe qui voit ses feuilles devenir des choses aux formes étranges et personnalisées au bout de chaque tige, des feuilles originales avec beaucoup de creux quand elles n’avaient que des bosses.
Les groseilles et les fraises, tournent doucement au rouge et elles sont même suivies par quelques uns des arbres qui rougissent, eux aussi. Noisetiers et châtaigniers s’empourprent par les feuilles n’ayant pas encore de fruits. Une histoire de chaleur ? Ou par analogie avec nous les humains de l’Europe du Nord habillés des peaux roses claires que la chaleur fait rougir parfois durablement en cas de coup de soleil ?
Pour retrouver du frais, on peut penser au vent. Malheureusement ici, il ne rugit que rarement. Un souffle suffirait, pas besoin de tempête et de perdre vingt degrés, mais le souffle nait souvent au-dessus de la mer et le temps qu’il arrive loin chez nous dans les terres, il aura eu affaire à des villes, des collines, des arbres et des forêts, et enfin les vallées qui l’obligent à aller sur le chemin que l’eau, de quoi ne plus avoir grand chose à raconter quand on a mis des mots aux fenêtres des immeubles, aux branches de tous les arbres et fait conversation avec touts les sommets qu’ils soient petits ou grands, qui étaient sur sa route. Reste le vent des pentes, ces souffles qui descendent, comme des gosses à vélo, les pentes vertigineuses, mais eux restent chez eux et ne sortent que les jours où ils l’ont décidé.
Ne reste plus alors, quand on cherche le frais que d’attendre la nuit, le coucher du soleil et l’extinction des feux. Laisser rentrer l’air frais, le laisser se réchauffer en nous rafraîchissant, aller se promener quand la lumière décline quitte à emmener une lampe juste pour se rassurer alors qu’on se rend compte, quand on lui laisse le temps, que le regard s’habitue, qu’il passe au noir et blanc, abandonne les couleurs qui prennent trop d’énergie et peut nous emmener où nos pieds veulent aller sans craindre un mauvais mur ou un tronc mal placé qui nous arrêterait. Puis au petit matin quand la lumière revient, bien regarder le ciel, son bleu de grosse brute sans le plus fin nuage, de ces nuages si pâles, si subtils, délicats qu’ils manquent cruellement d’épaisseur, de matière, comme un début d’histoire, encore flou et mouvant, pas encore la bonne forme, celle qui fera venir, des torrents, des flots de mots

Début avril 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Jusqu’à ces derniers jours, le matin, gelées blanches et la veste qu’on fermait jusqu’en haut, jusqu’à mettre un bonnet pour certains très frileux. Depuis avant-hier, le bulletin météo nous parle d’estival pour qualifier le temps. Les plantes à peine nées souffrent déjà de la chaleur. Pas toutes, heureusement, mais pour les plus fragiles, c’est une épreuve ardue qui les marque, les flétrit, leur donne l’air chiffonné, nous fait penser sécheresse et puis un peu vieillesse, comme si déjà l’automne pointait le bout de son nez comme en une fin d’été. Ce chaud prématuré nous volerait une saison ? Une précipitation des saisons à changer quand on parle par ailleurs de précipitations pour une pluie qui tomberait, qui ici ne tombe pas. Imbroglio de mots à regarder de près quand le temps s’y prêtera, pour l’instant trop à voir et à vivre dehors.
Les brebis sont sorties et c’est un gros changement pour notre environnement. L’herbe pas encore bien haute suffira peu de temps à leur bel appétit de verdures bien fraîches, changement réjouissant quand on pense à l’hiver et au foin servi sec, sans aucun choix possible au niveau du menu : pas question de préférer, au prix de quelques pas, la plante qui convient le mieux à l’envie du moment. Changement d’odeur aussi, leurs excréments d’abord, et leur toison ensuite, pour peu qu’on s’en approche, une odeur grasse et riche, parfois agrémentée de la senteur des herbes qui s’accrochent aux filaments de leur laine. Et puis le son ensuite, entre bêlements et clochettes, on s’inquièterait presque, à l’heure de la sieste, de l’absence de ces bruits.
L’air reste rarement calme, les moutons endormis, couchés à l’ombre des arbres pour fuir la chaleur ou occupés plus loin, nous restent les oiseaux qui marquent leur territoire, appellent et cherchent l’aile sœur en s’entourant, douillets, dans une boule sonore, dans une conversation qui nous est étrangère, mais qui nous charme comme on se laisse porter par les notes, les accents et le flot d’une langue étrangère.
Les arbres et les arbustes, même les plus prudents, commencent doucement à entrouvrir, timides, les rideaux de leurs bourgeons. Le noyer déplie ses ailes qui grandiront ensuite, guidées par les nervures déjà là pour guider la naissance, la sortie, des premiers brins de feuilles rougies par cet effort qui n’y mettront du vert qu’une fois déployées. Chez les poiriers, pommiers et autres arbres fruitiers, les fleurs doucement se transforment, elles ouvrent leurs pétales pour accueillir l’insecte ou déjà presque fruits, prennent, en bien plus petit, la forme qu’elles auront une fois devenues adultes et pourront régaler nos papilles aussi bien qu’elles régalent nos pupilles une attendant ce jour.
Le jour commence à baisser, à se penser sans lumière, on y regarde de plus près et un peu plus longtemps avant de faire confiance à autre chose qu’à nos yeux. On attend les étoiles, les songes qui parlent d’espace, mais le noir ne vient pas, se lève comme le soleil le ferait pour les jours, la pleine lune ronde et pâle qui efface les étoiles, nous fait rêver moins loin, mais il y a tant à faire même en restant tout près, dans le système solaire à observer les ombres qui parlent pour les choses et parfois pour les êtres

Fin juin 2025

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Tempête de ciel bleu comme disent les photographes. De retour après quelques jours loin d’ici, ce qui me frappe, c’est le jaune. Canicule, chaleurs excessives, stress hydrique, le vert que j’ai quitté semble s’être dissocié, en bas le jaune des herbes sèches, en haut le bleu trop bleu du ciel sans un nuage. Changement de référence on passe en ce mois de juin du bleu comme couleur froide au bleu de carte postale façon vacances et plage dés le début de la saison.
Les arbres résistent encore, ils dispensent une douce ombre pour qui peut se déplacer. Mais pour les végétaux pas question de bouger. Alors, rouler ses feuilles, les vider de leur eau jusqu’à les faire jaunir pour préserver la tige, la racine, la matrice pour espérer renaître à la prochaine vraie pluie. Parce qu’il faut l’avouer quelques gouttes sont tombées, mais juste pour l’anecdote, pas une vraie pluie qui mouille, tout au moins par ici. D’ailleurs de gros orages sur une terre si sèche ne sont pas à souhaiter, ils emportent et arrachent qui ne tenait qu’à peine à un fil de racine entre fissure et poussière, jetant dans les rivières déjà bien surchargées, le bébé, l’eau du bain, la plante et puis sa terre.
Alors, attendre. Cette fois pas l’embellie, mais bien le gris de la pluie et de bons gros nuages qui cacheraient le soleil.
Certaines plantes continuent le cycle commencé, on ramasse les groseilles, les cassis, les framboises qui profitent du chaud pour mûrir sans attendre d’avoir vraiment atteint le diamètre optimal. Ce qui n’empêche pas de rêver confiture, de se faire les doigts bleus et de ne plus avoir faim au moment de manger pour cause de grappillage. Du côté des oiseaux on en profite aussi de ces baies bien visibles, un peu de concurrence alors en planter plus, à l’automne c’est boutures.
En attendant l’automne profiter des moments de lumière moins forte, avant autant qu’après la présence du soleil pour aller picorer toute la délicatesse d’un pétale de lys, l’odeur et le chiffonné d’un chaton de châtaignier ou juste tremper la main dans le frais du ruisseau. Et puis quand la chaleur devient vraiment trop forte l’idéal serait bien d’aller se mettre à l’ombre sous les branches d’un grand arbre en compagnie d’un livre, pourquoi pas d’un Balzac, de la comédie humaine alors que nos horaires d’êtres humains dits modernes ignorent superbement les rythmes de chacun et ceux du temps qu’il fait

Début mai 2025

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Une semaine de début mai qui pourrait presque se prendre pour une journée d’été. Une journée de fin d’été, une journée de mois d’août déjà fraîche le matin, rapidement de retour du côté de la chaleur par le rond disque jaune au milieu du ciel bleu, puis le chaud un peu lourd et les nuées qui montent, se rassemblent, s’accumulent jusqu’à se faire orage, pluie, vents et même éclairs. Et à la fin de la semaine, plus humide, plus frais et puis l’air dégagé des poussières qui filtraient à faire pâle l’intense des couleurs. On se rapproche du loin, jusqu’à penser le toucher.
Chaleur un peu précoce ou juste qui nous surprend, source d’intranquillité, de pas comme d’habitude, de changement un peu brusque qui fait effet de surprise trop loin des souvenirs qu’on garde de cette période dans un coin de nos têtes. Les vêtements qui d’un coup ne sont plus adaptés, et pourtant, ce plaisir indéniable des journées qui rallongent et gardent pour le soir encore un bout de jour, desserrent un peu l’étau de la lumière qui file pour rejoindre la nuit nous laissant sans la vue, humains intoxiqués, esclaves du visuel, plus vraiment en mesure de faire sans leurs yeux.
Réchauffement bienvenu pour ceux qui vivent l’été et ne vivent que l’été, parmi eux des insectes, et même beaucoup d’insectes en ce moment petits, encore presque bébés qui sèchent leurs enveloppes aux rayons du soleil et aux souffles du vent. Des papillons tout jaunes qui volettent par deux, et les premiers moustiques et nos premiers boutons. Un peu partout le dehors sort doucement de l’enfance pour entrer tranquillement dans l’âge adolescent. Pour les feuilles des arbres, c’est déjà ou bientôt la forme des adultes, manque encore l’épaisseur et un peu de dureté qui les feront résister aux chaleurs, aux orages et aux coups de vent mauvais. Graminées encore souples qui se courbent sous le poids de leurs nouveaux toupets, vagues qui se déroulent, s’enroulent et se déroulent au moindre souffle de vent pour peindre un paysage qui en rappelle un autre et faire d’un large champ d’herbes, une marine authentique.
Réchauffement bienvenu aussi pour nos narines qui goûtent goulûment les odeurs des fleurs au-delà de leur couleur, comme l’odeur du lilas qui se rappelle au nez autant qu’à nos pupilles. Odeur également qui vous cueillent par surprise au détour d’un sentier dans le sombre du sous-bois, pensées de parfums subtiles qui détourent un visage ou bien de doux goûters à peine sortis du four comme ces fleurs de houx qui viennent repêcher, loin dans mes souvenirs, l’eau de fleur d’oranger des gâteaux, des brioches.

20230818

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Plus chaud. Temps très ensoleillé, avec de rares cumulus sur les sommets l’après-midi, et déjà un peu plus chaud.
Températures minimales comprises entre +16 et +19 degrés.
Températures maximales comprises entre +34 et +37 degrés.
Isotherme 0° vers 4400 mètres.
Vent faible à modéré de Sud-Ouest.
Prévisions Météo Alpes

Plus chaud. Déjà un peu plus chaud. Canicule annoncée pour les jours à venir, pic de chaleur, sommet. Basculement. Du haut de ce chaud, on devrait voir devant, voir l’automne qui arrive avec ses couleurs jaunes, ses oranges, ses bruns et puis ses rouges aussi, pour faire sécher les feuilles, les rendre craquantes et rêches, mais aussi et surtout, faire espérer de l’eau, de l’humide et du frais. Faire entrevoir l’hiver. Bientôt une autre saison, la fin de quelque chose, le début d’autre chose. Quelque chose, autre chose. Chose, mot vague, parce qu’on ne sait pas très bien, on se demande encore et on hésite toujours. Pour le bilan déjà, se dire que c’est fini ou bien laisser sa chance à une dernière entrée dans le livre qui se ferme. Attendre la bascule, le moment décisif, celui qui justifie toute la préparation, toute l’histoire déjà lue, moment d’intensité, équilibre sur l’arête, retenir tout son souffle. Trouver ce basculement, ce changement même infime, ce point à regarder pour faire vivre une histoire et puis l’accompagner, le faire naître et puis être, développer en restant quand même toujours un peu dans le déséquilibre, dans le pas trop douillet, pour qu’on ait très envie de regarder plus loin, de voir l’autre côté, qu’il soit sombre ou plus clair, redouté ou connu, comme ce chaud qui nous vient et qui fait réfléchir au demain de demain

20230810

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Estival. Temps ensoleillé, encore un peu plus chaud. Des bancs nuageux très élevés circulent en fin de matinée côté Isère, plutôt en après-midi ailleurs.
Températures minimales comprises entre +13 et +15 degrés.
Températures maximales comprises entre +31 et +35 degrés.
Isotherme 0° vers 4400 mètres.
Vent faible de Nord-Ouest.
Prévisions Météo Alpes

Soleil, chaleur, été. Chercher de l’ombre, du frais, ne pas s’exposer, surtout pas trop longtemps, éviter le trop dur du soleil de midi. Retrouver la fougère et ses feuilles découpées, toujours la même découpe mais de moins en moins large quand on va vers la pointe et sous chaque avancée de quoi se reproduire, continuer l’histoire pour cette plante de l’ombre. Remède de grand-mère pour chasser les limaces de nos tendres salades, héroïne des légendes qui parlent de pleine lune et de sombres forêts, motif d’inspiration pour les meubles ou la pierre et déco à la mode, cuites, crues ou mâchouillées, pour certaines, et suivant les endroits, elles ont pour les humains autant d’utilités qu’elles ont de variétés mais on peut aussi bien simplement admirer leur crosse qui se déroule au début du printemps. Ou bien encore compter un de ces jours d’été sur les doigts d’une fougère qui a de si grandes mains les questions qui se posent quand on pense à écrire, ou à ne pas écrire, à retenir une idée quand il y en a tant d’autres, puis à choisir les mots et le ton et la voix, à adopter une voie quand on aurait pu prendre un tournant différent à chacun des virages d’une feuille de fougère

20230709

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Fortes chaleurs. Temps très ensoleillé, rares cumulus proche des Hautes-Alpes en après-midi. La chaleur monte d’un cran.
Températures minimales comprises entre +16 et +19 degrés.
Températures maximales comprises entre +33 et +36 degrés.
Isotherme 0° vers 4400 mètres.
Vent faible à modéré de Sud-Ouest.
Prévisions Météo Alpes

Fortes chaleurs. Ces chaleurs qu’on recherche dans le froid de l’hiver, ces chaleurs qu’on redoute dans le chaud de l’été. Dégoût pour les extrêmes, répugnance, réserve bien marquée. Nous ne sommes pas faits pour ça, animaux comme les autres, faits pour le tempéré, mieux dans le modéré, l’alternance, le dialogue. Entre clim et chauffage nous avons inventé de quoi nous dorloter, quelles que soient pour demain les tragédies à venir. Et pourtant il en est parmi les êtres humains pour tester les endroits où il fait vraiment froid, s’installer sur les glaces, traverser les déserts et s’adapter aux pires, comme beaucoup d’entre nous qui aiment de temps à autre se pencher sur le bord et regarder au-delà des limites installées de nos douillets conforts, essayer et tenter ou expérimenter, quitte à roussir un peu nos ailes de papier, écrire un livre sans « e » pour la beauté du txt

20230628

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Ensoleillé. Temps bien ensoleillé, assez chaud. Pour le décor : un ciel légèrement voilé par moments, et de petits cumulus sur les reliefs l’après-midi.
Températures minimales comprises entre +12 et +15 degrés.
Températures maximales comprises entre +29 et +32 degrés.
Isotherme 0° vers 4300 mètres.
Vent faible de Nord.
Prévisions Météo Alpes

Ensoleillé, assez chaud. Chaud, sec, les nuages juste pour le décor, pas pour l’ombre, pas pour l’eau. Quand on est plante ou animal, tenir en attendant le frais, en attendant l’humide, rester à l’ombre en attendant la nuit. Quand on est plante ou animal on aime le pondéré, l’éloigné des extrêmes, pas trop ceci ni trop cela. Quand on est une brebis, rester bien dans sa laine, voire dans celle des voisines, pour se garder au frais. Garder le frais au chaud et la chaleur au froid, un beau manteau bouclé, pas juste pour faire joli mais qui inviterait presque à y plonger les doigts, à y plonger les mains, s’y plonger en entier, au royaume du douillet. Quand ça ne suffit pas, pour tenir jusqu’au soir, toujours mieux s’adapter, et puis faire moins de lait, se coucher plus souvent et rechercher les arbres qui s’habillent en été de ces larges costumes verts qui nous donnent de l’ombre. Tenir. Espérer le meilleur, ne pas se gaspiller, ténacité d’attendre un peu de frais le soir quand il tarde à venir, attendre sans renoncer, continuer quand même, enroulée dans les textes, et quand revient le frais, se remettre encore mieux à tricoter la phrase avec tous les mots de laine qui nous tiennent tempéré, hiver comme été, et dans le grand chaos

20220724

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Très ensoleillé. Grand ciel bleu, avec tout au plus de rares cumulus sur les massifs l’après-midi (surtout côté Haute-Maurienne). Les températures s’envolent à nouveau.
Températures minimales comprises entre +15 et +18 degrés.
Températures maximales comprises entre +33 et +37 degrés.
Isotherme 0° vers 4900 mètres.
Vent faible de Nord-Ouest.
Prévisions Météo Alpes

Les températures s’envolent à nouveau, et les feuilles, déjà sèches, s’envolent également. L’automne en juillet. Les feuilles tombent, elles jaunissent, sèchent, abandonnent. L’oeil pourrait se réjouir du spectacle de la forêt qui se prépare à l’hiver, des couleurs chaudes et si vives, d’en profiter plus tôt que prévu. Mais là, c’est surtout un jaune un peu pâle, rien du flamboyant des rouges et des orangés, comme ces affiches restées trop longtemps à la lumière, aux couleurs délavées qui ont baissé les bras. Ce faux-départ d’automne a des allures maladives, la tristesse de ces étoffes portées trop longtemps, une teinte d’abandon, de renoncement à lutter encore, parce qu’on n’en a pas les moyens. Tentative maladroite, avortée, prématurée. Comme un texte qu’on publierait trop tôt, sans lui avoir apporté le travail nécessaire, les relectures, les ajouts, les corrections, les révisions, le soin et l’attention, les périodes de repos et de maturations, les apports extérieurs piochés dans la vie de l’autrice ou de l’auteur, ses lectures, ses rencontres, ses écoutes et ses souvenirs. Gâchis par impatience. Comme l’automne en juillet.