Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Pluie, pluie et encore pluie. Avec un peu de neige, comme ce matin par exemple et quelques éclaircies. Pas trop froid puisque pluie à la place de la neige, même si on est pas loin de la limite eau-flocon. La neige encore la neige, quand on est assez haut, la neige qui fait voir le haut de la montagne comme une pièce montée, comme un décor construit pour une publicité les jours ou le soleil fait sortir un peu de bleu dans un ciel d’habitude entre blanc sombre et gris clair.
Alors quand les averses font une petite pause ou pour forcer un peu, vêtue d’imperméable et chaussée de hautes bottes, aller voir au dehors ce qui change ou attend encore un peu plus chaud pour changer à son tour.
Guetter une accalmie pour aller prendre l’air, prendre la température, et puis tâter l’ambiance de ce que font les plantes puisque le calendrier autant que le thermomètre nous rapproche du printemps, à pas comptés encore, mais quand même toujours plus. On sait qu’elles vont sortir, les précoces, les pionnières, les premières à fleurir, les premières à verdir.
Guetter les premières pousses c’est revenir en arrière et aller rechercher une carte bien spéciale dans le fond de nos souvenirs, la carte des plantes, des arbres qui sortent les premiers du sommeil de l’hiver. Parfois gratter un peu ou se contorsionner, mais savoir où regarder facilite grandement les trouvailles pimpantes, presque des retrouvailles, avec des feuilles toutes tendres, des feuilles nouvelles nées. Orties et pissenlits, plantain et graminées, et puis les primevères et aussi toutes les autres trop nombreuses à nommer qui nous mettent le sourire au coin des yeux, des lèvres, de les voir revenir et de les voir lancer la fiesta du printemps. Se réjouir aussi de leur fidélité à tous nos rendez-vous de la fin de l’hiver, une façon de retourner dans un endroit connu, retrouver des couleurs, des textures, des brillances, retrouver des amis, au moins des connaissances. Pas encore des odeurs, encore un peu trop froid, mais avec les fleurs, les guetter elles aussi, en approcher le nez et venir aux heures chaudes.
Guetter aussi les arbres, leurs bourgeons et leurs fleurs, sortir de l’inquiétude où nous plonge l’hiver quand un arbre sans feuilles ressemble à s’y méprendre à un arbre sans vie. Se réjouir encore, des heures qu’on sait comptées, de l’absence des feuilles qui nous laisse encore voir les plumes des oiseaux qu’on croirait même entendre siffloter le printemps, l’appeler, le héler et puis en faire déjà presque toute une histoire




oui on guette, on guette les indices de printemps même si l’hiver n’a finalement pas été si long… on relève les bourgeons, les fleurs pionnières… pissenlits , pas encore par ici… ou alors juste petites couronnes, tout est si mouillé…
et tout ça à l’infinitif (décidément ton mode préféré pour ces chroniques d’hiver il me semble)
bises à toi, chère Juliette
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