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Challenge Kenya – Jour 9/30

Challenge Kenya : une image/un texte tous les jours pendant 30 jours

Il est des lions qui posent. Crinière au vent, port majestueux, regard fier, hautain. Pas lui. Lui n’est pas un lion de démonstration. Crinière mouillée qui dégouline, longs poils collés, copieuses cicatrices de toutes les formes et de toutes les tailles sur le museau, plaies ouvertes en haut des pommettes à côté des yeux, dont une profonde et rouge, la langue dans la narine, le regard attentif et humble. Il est un lion ordinaire, pas une star. Pas une icône, un lion de tous les jours avec ses défauts et ses faiblesses. Un lion attachant. Un lion presque humain…

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 8/30

Challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours

C’est son œil qui attire notre œil. La lueur. Pourtant elle ne nous regarde pas, son attention est retenue ailleurs, elle est concentrée. Vigilante sans pour autant paraître inquiète ou euphorique. Juste attentive. On aurait tout loisir de l’observer. On pourrait s’appesantir sur le nez long et droit de reine égyptienne, la petite encoche d’aventurière sur l’oreille droite, les fines moustaches et les sourcils façon antennes, le collier de fourrure sombre dessinant ses épaules ou le reste de son corps terminé par la queue en arrondi parfait. 
Mais non. C’est son œil qui attire notre œil. Romy se reconnait à son regard.

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 7/30

Challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours.

Le serval est presque un chat, mais un chat des champs. Visage fin, mais longues pattes pour voir au-dessus des herbes de la savane, oreilles immenses, mais arrondies en leur sommet pour rappeler sa parenté avec le lion et corps adapté à ces adaptations, plus trapu que celui de nos matous de compagnie. Il se déplace, altier, l’œil vagabond, mais surtout, l’ouïe en alerte. Le serval possède la partition de la savane sur le bout des oreilles, traquant la moindre fausse note dans son entourage, ce mélomane habile se repait de ceux qui oseraient troubler la musique des graminées.

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 6/30

Challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours.

C’est un gourmet. Il ne lui faut que du nectar, des fleurs succulentes. Il pousse la gourmandise jusqu’à s’être doté d’un bec long et courbé pour aller déguster son festin dans toutes les corolles, jusqu’aux plus élégamment travaillées par une nature astucieusement subtile. Son plumage est sobrement moiré de couleurs sombres mais toujours prêtes à basculer dans la folie du bariolé au moindre rayon de soleil. Le Souimanga bifascié est un esthète, un dandy raffiné. Délicatement posé sur une branche qui se courbe pour saluer sa présence, il se plaît à être le plus bel ornement de l’arbuste.

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 5/30

Challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours.

La brindille qui s’incline humblement devant la reine accompagne nos regards. C’est bien l’œil de Romy qui nous donne les clés. Par son éclat, sa brillance, sa lumière mais surtout sa couleur. Le vert. Le vert de cette forêt qui l’abrite, nourrit ses futures proies et la dérobe si bien aux regards des gêneurs. Feuilles, buissons et branches, répondent à son pelage, ses contours et ses formes. Elle se fond dans le vert sans être verte elle-même, mimétisme suprême. La forêt est en elle comme elle est dans son œil.

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 4/30

Le challenge Kenya : une image / un texte, tous les jours pendant 30 jours.

Il semble presque perdu, ce tout petit oiseau au milieu des grandes herbes. Bouchon flottant au milieu des vagues de verdure. Pourtant, le roi de cette savane lacustre, loin des fauves rugissants et autres pachydermes, c’est lui, sans contestation. Il veille sur son royaume depuis son piédestal, reste à l’affut de tout, surtout au bord de l’eau. Sa majesté n’est pas dans sa taille, mais bien dans sa livrée. Couronne de plumes scintillantes, bec démesuré d’une couleur inexorable, plastron orange et veste bleue aux reflets de pourpre, barbiche et tempes blanches en gage de sa sagesse.  C’est bien lui le plus chatoyant et le plus éclairé qui fait de sa vitesse une arme redoutable et de sa petite taille son atout principal.

 

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 2/30

Le challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours.

C’est l’heure de la leçon, c’est lui le professeur. Il s’étire, il s’étend, s’allonge en s’ondulant. Tout son corps se module en hamac à nuages. Paisible et pédagogue il pointe sa docte trompe, vers les buissons tout proches. Entremêlement de branches, de tiges, de feuilles, d’épines et de rameaux, potelés, rondouillards et débonnaires, ils sont des refuges, des nurseries et des cachettes. Ils laissent aux jeunes arbres du temps pour bien grandir, protégés des quenottes de tous les herbivores. Leur ombre généreuse accueille les fatigués pour une sieste bienvenue, ils prodiguent un écran au chasseur embusqué et sont un repère précieux dans la marée des herbes de la savane immense. Humbles pachydermes végétaux, aujourd’hui les buissons rosissent d’être mis en valeur, magistralement, par ce jeune éléphant.

Photo : Régis Derimay

Challenge Kenya – Jour 1/30

Le challenge Kenya : une image / un texte tous les jours pendant 30 jours.
Challenge Kenya Jour 1/30

Le jour pourrait prendre la place de la nuit, tout simplement. 

Transition douce et fluide. Nuit noire, puis la lumière apparaît, dessinant quelques formes, avant de souligner les détails. Simplement. Mais certains autres matins, l’arrivée du jour se fait dans l’opulence du baroque. Fanfare de couleurs, les cuivres rugissent, tous les instruments jouent en même temps de leurs couleurs, symphonie de violets, de pourpre et de rouges, puis arrivent les orangers, les jaunes et les ors pour annoncer le bleu qui vient, en soliste, prendre toute la place dans le ciel, ne gardant à ses pieds que quelques petits nuages, adorateurs de l’astre, soumis et paisibles comme des agneaux. 

Chef d’orchestre droit et fier, l’arbre du matin se découpe sur l’aurore.

 

Photo : Régis Derimay