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Fin avril 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Des passages de nuages et puis beaucoup de beau, aussi un peu de plus frais bienvenus pour le sol qui commençait, par endroits, de ces endroits à nu plus sensibles que les autres, à ouvrir des craquelures. Alors oui, quelques gouttes, pas des trombes d’eau quand même, une semaine sans entraves au moment des balades, pas besoin de planifier selon les prévisions, mettre une veste a suffi. Mais pas non plus le beau de l’eau, le brillant, les reflets, le scintillement des arbres en habits éclatants, moirés d’humidité. Pour les couleurs des arbres, profiter de la saison qui nous permet, même à une grande distance, de savoir qui est qui dans ceux qui perdent leurs feuilles et ceux qui les conservent tout au long de l’année, y compris en hiver. Et une fois vus de loin, les arbres en habits de contraste, apprécier le damier composé entre les sombres et les clairs, une partie d’échecs sans vainqueur ni vaincu et qui verra bientôt, une fois l’été venu, tous les participants se parer de plus sombre pour faire obstacle au sec. Encore un air de jeune dans ces feuilles vert tendre, même si pour la forme, elles sont déjà adultes sur la plupart des arbres. C’est le moment de grignoter des bourgeons de sapin quand on est en forêt. Du côté des fougères, il est temps de s’étirer, de déplier les ailes quand on est fougère aigle. D’abord grandir, grandir et tout en haut de la tige, dérouler les spirales qui se dérouleront elles-mêmes pour offrir tout leur vert à l’énergie solaire. C’est le moment où les feuilles, en petits poings rageurs, bombent le torse en clamant, à nous deux la lumière !
Combat pour la lumière, pour avoir plus de ciel que n’en auront les autres, mais dans le fair-play quand même, végétaux gentlemen qui gardent leurs distances, là-haut dans les hauteurs, un espace pour chacun, ne pas gêner les autres qui sont à même hauteur, respect de l’adversaire de même catégorie. Alors on pourra voir dans une ligne de ciel bleu, les formes que l’on veut, mais si on parle de ciel, ce qui semble le plus logique, c’est d’y voir un oiseau.
Voir des choses dans les choses, le jeu revient enfin pour ce qui est des feuilles entre la lumière et nous. Le réseau de leurs nervures comme une carte de leur monde qui ressemble fort parfois à une carte du nôtre, rues qui se croisent, se décroisent, suivent docilement les bords et se fient aux grandes artères. Dessins aussi les ombres d’une feuille sur une autre. Dentelures et vaguelettes, bordures en tous genres et formes fantastiques on ne s’en lasse pas comme on ne se lasserait pas du crayon sur la feuille, toujours les mêmes outils, jamais le même dessin. Alors passionnément, se laisser emporter par l’art des ombres sur feuilles comme un art d’évidence, pour ceux qui aiment voir et regarder de près. Se contenter pour le beau des emmêlements de l’eau, des herbes au bord du champ, actrices placées là sur le devant de la scène par l’ombre derrière elles qui les font ressortir, elles qui sont d’habitude reléguées dans les marges, mises sur le côté. Une semaine d’art nature, prendre le temps de regarder