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Début de mi-août

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Chaleur et canicule, encore. Le mot de canicule entre de plus en plus dans le vocabulaire, celui de tous les jours. Ce n’est plus un mot rare qu’on écrit au tableau pour bien l’orthographier, canicule devient un mot qu’on voit partout, un mot de la météo comme nuageux, pluvieux ou bien ensoleillé. Du côté statistique, canicule devient presque un mot comme un autre mot qu’on voit dans les journaux. Et sécheresse aussi.
Alors, regarder le ciel, y chercher des nuages, et les espérer gris, bas, et tous remplis de pluie. Quand même, se permettre, le temps d’un petit accroc dans cette voile des nuages, le plaisir d’une éclaircie, de sa lumière qui se pose en flèche de Cupidon sur le massif aimé au milieu des montagnes. Et ensuite, se rendre compte que le radeau s’éloigne, que les nuages n’étaient pas si sombres que ça, que les trois pauvres gouttes n’étaient rien que des leurres qui ont duré à peine le temps de se demander où diable était la veste que l’on avait laissée au fond du sac à dos.
Alors par ces nuages et ces trois pauvres gouttes, se sentir trahie, lésée, abandonnée, comme si les nuages avaient jamais promis quoi que ce soit question pluie ! Ce serait une fois de plus confondre ce qu’on aimerait, ce qu’on aimerait vraiment, tellement que l’on se figure que ce serait presque vrai parce qu’on en a rêvé. Mais aucune promesse de la part des nuages, ils ne fonctionnent pas comme nous autres humains, les nuages sont nuages et vivent leur vie de nuages bien loin de nos calculs. J’aime leur liberté qui se fiche de nos besoins.
À regarder vers le haut, on tombe aussi parfois sur des sapins drapés avec une grande noblesse dans leurs branches déjà sèches, chevelure grisonnante qui dit la fin d’une vie et le début de la suivante, quand il tombera au sol et fera vivre les vivants. Un peu comme ces feuilles qui se flétrissent vers l’automne, se rident, se flétrissent, se sillonnent de rides avant de rejoindre la terre. D’autres arbres parfois, ont une vie différente, ils finissent en charpente, ils soutiennent les toits et protègent les humains du vent et de la pluie, eux qui ont toujours vécu les racines dans la terre et les cheveux au vent.
Les racines dans la terre ça c’est juste pour les arbres qui vivent dans leur forêt, dans un endroit tranquille. Pour ce qui est des arbres dont le chemin des racines croise le chemin des humains, ces racines, parfois, finissent à l’air libre quand la terre est tassée par des pas et des pas qui font le monde à l’envers des racines dans l’air.
Alors en se promenant, garder quand même un œil sur le bébé sapin qui essaye de pousser comme on commence un texte sans vraiment trop savoir la suite de l’histoire et encore moins savoir comment elle finira