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Début de mi-octobre 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Météo d’automne. Revenir aux manches longues et aux mains dans les poches, à la tasse de café dont on apprécie le chaud au-delà des papilles, la rosée du matin et puis l’humidité. Voir le monde du dehors tout en restant dedans, de l’autre côté de la vitre. Manqueront quelques sons, la plupart des odeurs et le froid de l’humide qui vous prend par la main et aussi par les pieds. Pas encore de bonnet, mais bientôt y penser. Rester derrière la fenêtre, au chaud et au douillet n’empêche nullement de ne pas juste regarder, mais un peu de chercher, y mettre la volonté de ne pas seulement voir, seulement laisser venir, mais aller les chercher les feuilles une par une et chacune leur couleur, leur forme et leur texture, l’oiseau dissimulé, le vent dans les grandes herbes, et cette odeur de menthe que notre nez sent à peine quand notre tête, elle, y est, dans ce parfum de vert frais.


Un dehors décalé, pas tout à fait le même que de l’autre côté de la fenêtre, mais quand même vers le vert, respiration des yeux et aussi de la tête quand le vert en question assure à tout moment notre oxygène de vie. Même juste lever la tête un instant d’autre chose pour voir ce qu’il se passe de l’autre côté de la fenêtre, être dans le même temps, dans le temps du moment, dans le temps des insectes préoccupés d’hiver qui rentrent dans les maisons et ne savent plus sortir comme les mouches et les guêpes qui se cognent aux fenêtres qu’on reconnaît au bruit de leur vol affolé, mais pas le même bruit d’une aile à une autre aile, pour chacun sa méthode, et les punaises aussi, les reconnaître à la trace laissée dans nos oreilles comme le chant d’un oiseau. Être comme une grosse mouche, du même côté de la fenêtre.


La fenêtre juste devant, la voir comme un accès et pas comme un obstacle. Un accès à ces plantes qui repoussent coute que coute, opiniâtres et têtues, les ronces et les orties plus opiniâtres que moi à vouloir les enlever, alors abandonner et les regarder de plus près, les piquants, les épines, les feuilles sur la tige qui vont par deux ou trois. Sortir quand même un peu, même si la lumière déjà sur le départ a déjà avalé la moitié du petit chêne, ne pas passer trop vite et même s’éloigner du coin d’herbes suivant où les insectes volants profitent du dernier tiède, surtout ceux qui arborent des rayures noires et jaunes. Du noir et jaune aussi pour cette salamandre écrasée sur la route, à peine un peu plus loin que les restes d’une grenouille. Écrans que ces chroniques, mais quand on sort en vrai, on ne choisit pas toujours ce qu’on verra ou pas. En allant voir dehors on voit tout ce qui est là, sans choix éditorial, sans fard et sans déo. Alors, accepter ça, et la vie et la mort dans une autre perspective que celle qui est la nôtre, une autre philosophie qui voit la vie plus grande, dans une idée de cycle comme celui des saisons. Alors, reprendre encore cette vieille habitude de regarder par terre au moment des feuilles mortes pour trouver les plus belles et puis les ramasser pour les mettre à sécher dans les pages du carnet : juste quelques pages de plus, peut-être les plus belles de tout ce que contient ce carnet à écrire