Début mai 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Des nuages, de la pluie avec, parfois, de belles éclaircies plutôt que du beau temps avec, parfois, des averses. Une différence qui tient dans les proportions entre le bleu et la pluie. Terminée l’impression qu’on serait déjà en été, la pluie est de retour et l’humide avec elle sans oublier le froid. Quoique, une belle journée de ciel bleu avec les nuages qui montent et s’amoncellent jusqu’à devenir sombres avant d’éclater entre éclairs et tonnerre pour un orage du soir, c’est le régime d’été. Même si on pousse l’idée des saisons décalées, cette semaine passée aurait presque pu avoir un petit air d’automne avec des bancs de brouillard qui jouent à saute-montagne ou s’installent, confortables pour une petite sieste tout au fond de la vallée. Mais sans la pluie, pas d’éclaircies, pas de danse des nuages, pas de traits de lumière qui se posent sur une fleur, sur une feuille, sur une banche. Et puis sans pluie, pas d’eau, parfois le rappeler.
Sans eau aussi moins de plantes alors que c’est le moment de voir naître les iris. Sans iris le printemps serait nettement moins bleu, moins violet et moins jaune, un peu moins arc-en-ciel. Ici pour les iris, ce sera bleu et violet, mais toujours la finesse et la délicatesse qu’on guette chaque année, doutant de son retour tant elle semble fragile. Architecture baroque pour cette fleur à trois têtes et aux langues velues. On pourrait les dire monstres, mais elles sont des prodiges dans le meilleur sens du terme.
Monstre reste toujours une façon de voir les choses. Si on dit longues griffes vertes, ce sera peu rassurant d’autant que la créature fait dans de nombreux cas une taille impressionnante : plusieurs dizaines de mètres. Mais si on dit sapins avec de jeunes pousses tendres au bout de chaque branche, le montre est tout de suite beaucoup moins monstrueux et même des plus avenants avec ses longs doigts verts, souples et odorants qui se laissent si bien flatter dans le sens du poil.
Monstres, quand on les décrits comme des êtres fossiles, d’écailles et de sang froid aux pattes munies de griffes longues, fines et si pointues, ces lézards qui se réchauffent et fuient au moindre bruit, à la moindre ombre qui peut faire office de menace, ces pacifiques lézards. Monstres, ces êtres rouges feu aux points noirs diaboliques, faux yeux démesurés qui leur font un regard pâle comme celui d’un revenant, faux yeux, vraies mandibules, elles sont pourtant partout célébrées au jardin pour leur voracité envers les pucerons, monstres autrement toxiques malgré leur si petite taille, quand on pense rosiers. De monstre à auxiliaire, le chemin est si simple, juste changer de regard comme pour celui qu’on pose sur lesdites mauvaises herbes, par exemple pour l’ortie qu’on arrache en pestant pour la mettre au compost ou qu’on va récolter avec délicatesse pour la mettre au pesto. Question de vocabulaire ?

N’ayez pas peur !

C'est juste une newsletter !
Abonnez-vous pour être informé•e des dernières nouveautés 🙂

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *