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Fin de mi-octobre 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Semaine d’hésitations entre souvenirs d’été et franchement automne, sorte de transition, mais qui franchement annonce qu’on s’en va vers le froid avec les premières neiges et les derniers insectes, comme la dernière balade sans emmener le bonnet. Retour de tout un monde dans une simple goutte d’eau quand les feuilles, même mortes, gardent encore quelque temps une différence bien nette entre dessus et dessous, comme un souvenir cher de leur vie antérieure de capteuses de soleil : un côté tout luisant où l’eau s’étale en film et un revers duveteux qui garde les gouttes bien rondes pour qu’on s’en fasse un monde.


L’eau, la clé, la clé de tout quand on y regarde bien. Pour nous une évidence, pour les plantes on le sait et pour les bêtes aussi, mais parfois l’eau n’est pas ce qui vient tout de suite en tête. Par exemple par ici, l’eau est aussi la clé de l’électricité. De barrage en turbine, l’eau, juste de passage, nous donne la lumière et tout ce qu’il me faut pour que je puisse écrire ce texte et puis vous le proposer ici pour la lecture. Petite balade là-haut, au bord de ce faux lac, de sa berge en béton, de son eau bleu turquoise, une eau de glacier liquide. Un bleu presque pas bleu, un bleu venu d’ailleurs qui faisait encore plus jaune les feuilles des érables en deuil de l’été. Profiter de l’altitude pour retrouver aussi des fleurs qu’on ne voit pas quand on habite plus bas. Encore un bleu spécial que celui de la gentiane, tranquille au bord du chemin maintenant que les bêtes ont quitté les alpages.


Un air de partie gratuite pour ce jour de soleil quand le calendrier nous parle de changer d’heure. D’ailleurs l’automne a vite repris d’une main ferme temps et températures. Grand retour des nuages, des nuages assemblés jusqu’à former brouillard, brume et purée de pois, un temps à ne pas voir où se cachent les brebis dans leurs tuniques de laine claires comme des nuages.


La brume et le brouillard, moments toujours troublants pour nous autres humains dépendants, toujours plus, de nos yeux pour tout faire. Perdus dans le brouillard, on perdrait vite le nord comme on perdrait le monde tel qu’il était hier. Des bruits comme étouffés, des odeurs mélangées avec celle de l’humide, la vue qu’on ne voit plus, une envie et au-delà, presque une invitation à lire de ces histoires que l’on dit fantastiques, peut-être à en écrire puisqu’on y est déjà