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Fin juillet 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Une semaine en ville, en grande ville, à Paris. Alors une chronique, un journal de la nature autour, branche dessus, branche dessous, le pari n’est pas simple à tenir dans un endroit où depuis si longtemps le sol n’est plus terre, presque partout goudron, et quand il est sable et gravier dans les allées des parcs, les gens parlent de poussière et essuient leurs chaussures d’une moue dégoutée. Pour ce qui est du temps, un peu au-dessus du sol, il est resté bien sec et de plus en plus chaud jusqu’à faire ressortir le mot de canicule, faisant, dans la grande ville, ressentir haut et fort, dans les corps et sur toutes les peaux, le frais de l’ombre des arbres, le frais de n’importe quel sol s’il n’est pas en goudron.
Malgré le trop de goudron, on retrouve sans problème de la vie dans la ville, des marques, des envies, des souvenirs, des plantes autant que des animaux laissés par des humains, peut-être un peu nostalgiques de ces temps très anciens quand Paris abritait, pour tous les déplacements, d’innombrables chevaux, poneys, doubles poneys, de toute provenance et chevaux de trait. Au Grand Palais, exposition Matisse pour retrouver les arbres, les arabesques et les célèbres algues de toutes les couleurs. Et puis un autre jour au musée de Cluny, aller saluer bas les immenses licornes, les dames et les lions, les cinq sens tapissés de si innombrables points qu’on se prend à rêver dans cette grande salle sombre, à l’idée d’infini. Dans un coin des tentures, repérer le renard, présent non pas partout, mais deux fois sur l’une d’elles, un renard roux joyeux, tranquillement assis, attendant que les oiseaux, les autres animaux prennent vie sous les points minutieux de la broderie. Au-delà de la licorne, mythique et attendue, plus étonnant, l’oiseau, trônant parmi les chasses et les objets précieux. La colombe de la paix ? Mais ne pas se limiter aux lieux d’exposition, aux musées, aux galeries, à l’art que l’on protège en faisant payer l’entrée, chercher mieux et partout où se cache la beauté qui fait nos légèretés. Des entrelacs de pierres-lierres aux frontons des églises, un homard-mosaïque niché dans un coin de mur, ou les plumes d’un oiseau perché sur une branche, l’ombre-forgée d’un balcon projetée au plafond par la magie-lumière du reflet dans une vitre.
Pour les vrais végétaux, qui vivent davantage grâce à la chlorophylle que par nos regards d’humains, se concentrer plutôt sur les parcs et jardins sans se laisser abattre par le jaune des pelouses et se prendre à sourire quand un pied de courgettes s’invite sans questions au milieu d’un parterre de plantes ornementales.
Bien moins facile qu’ailleurs, retrouver la nature au milieu de la ville est une sorte d’exercice, de jeu d’observation pas si futile que ça, de quoi former les notes qui nourrissent les carnets de celles autant que de ceux qui font de l’écriture leur travail principal. Bien relever les détails pour décrire une ambiance et faire vivre l’endroit par les mots qu’on choisit. D’autres avant nous l’ont fait, Zola dans ses carnets ou encore le grand Balzac dont la petite maison de la rue Raynouard est ouverte au public avec depuis le jardin la vue sur la fenêtre de la pièce qui aurait pu être sa pièce à écrire, avec table tournée le dos à la lumière. Le dos à la lumière, une position étrange, même si on raconte et il raconte lui-même que Balzac n’écrivait bien souvent que la nuit et jamais sans le secours de sa précieuse cafetière, de sa boisson magique pour étirer les jours qui n’ont que bien trop peu d’heures et des heures bien trop courtes.