Archives par mot-clé : pêches

Début septembre 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Début du mois de septembre, début de la fin de l’année, début des jours trop courts, début des mois en — bre, cette syllabe de fin de mois qui nous rappelle le bruit que l’on fait, nous humains, quand le froid nous saisi et qu’il nous fait rentrer la tête dans les épaules, dans le col de la veste, mettre les mains dans les poches.
Mettre les mains dans les poches, on en est encore loin, mais septembre ce sera une sorte de tournant, tout au moins dans la tête. Penser à prendre un pull quand on doit rentrer tard. Penser à surveiller de plus près la météo et avoir sous la main la veste pour la pluie. Penser à la rentrée du temps des lourds cartables et de l’appel des noms qu’on entendrait au moins pendant toute une année.


Septembre dans mes souvenirs, c’est le mois des marronniers, des arbres aux très grandes feuilles et aux marrons si doux qu’on gardait dans la poche jusqu’à ce qu’ils se fripent, jusqu’à ce qu’ils se fendillent d’être restés trop longtemps près du radiateur quand le manteau devait sécher. Par ici pas de marrons, mais de piquantes châtaignes qui ont encore besoin de temps avant de s’ouvrir.


Cette année en septembre c’est le début des noix et le début des poires qui vont avec les pommes, aux moins pour le pommier de devant le lavoir. Début des grains de raisin, cachés parmi les feuilles, et les dernières pêches pour cette saison-ci, les premières pêches de l’arbre planté il y a peu de temps, qu’on surveille anxieusement de peur qu’elle ne finissent comme les dernières figues que les oiseaux entre eux se disputaient aussi et qui ont donc fini dans le gosier du merle, le plus costaud, le plus criard dans l’arbre devant la fenêtre.


Les oiseaux en ce moment préparent leurs départs ou sont déjà partis quand ils sont migrateurs. Sans valises ni trompettes, un jour ils ne sont plus là, une légèreté d’oiseaux. Au milieu du village à côté de la fontaine, c’est désormais grand calme dans les nids d’hirondelles. Pas d’hirondelles ici, on a surtout le cri de la buse et les appels du pic, en attendant la nuit et les conversations entre chouettes hulottes qui habitent dans le quartier. À noter la visite des orites à longues queues qui se baladent en bande et ont fait une escale du côté du grand chêne.
La dernière canicule semble avoir fait long feu, on espère pouvoir les oublier un temps, mais tous ces derniers temps, les balades en forêt restent toujours basées sur le tempo des pas au milieu des feuilles sèches et penser à l’automne me fait penser aussi à ce bruit qui me manque, celui de l’eau qui coule, qui ruisselle, qui dévale et puis s’en va sagement finir dans la rigole à côté de la route pour suivre son chemin jusqu’au fond de la vallée et de là bien au-delà