Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Une semaine éloignée des grandes règles du théâtre. Pas d’unité de temps, de la pluie au trop chaud, pas d’unité de lieu, des toits de tôle aux toits de tuiles, pas d’unité d’action, du boulot au repos. Je sais que pour le temps, j’ai joué sur les mots, mais temps et temps sont là et se ressemblent trop pour qu’on les dissocie avec sévérité. Et puis le temps de ce texte est toujours d’une semaine, pas besoin d’y revenir, sorte d’accord tacite.
Pour le temps-météo, grand retour des nuages, de leurs formes, leurs couleurs, leurs mouvements qui fournissent à eux seuls du spectacle pour tous, pour peu qu’on lève la tête, qu’on lève les yeux au ciel en étant sous le ciel. Avec leurs noms en us, on penserait au latin, on les croirait hautains, un peu façon élite qui exige de nous du temps d’apprentissage pour se laisser approcher, alors que les nuages sont bien là pour tout le monde, ils sont bien là pour nous si on regarde leurs us non plus comme du latin, mais plutôt de l’anglais. Des nuages pour tous, des nuages pour nous tous.
Des nuages et de l’eau, la pluie dont ils se chargent et dont ils se déchargent, redonnant avec l’eau, des couleurs à nos plantes qui partaient sur le jaune bien avant l’heure d’automne. Pour certains végétaux, il est quand même trop tard et le jaune pour le sec, et la rouille de saison resteront en stigmates de cet été si sec. Pour d’autres il est bien l’heure de passer aux couleurs, colchiques dans les prés ou bien le brou des noix et le violet des figues qui font notre régal et celui des oiseaux. Les longues hésitations du changement de saison s’accumulent comme les feuilles d’un livre sans reliure, un peu d’automne déjà, encore un peu d’été, plus ici ou plus là, le changement n’est pas brusque, chacun suivra son rythme sans se laisser brusquer, encore moins ralentir par les pratiques des autres parmi les végétaux où les presque végétaux. Les presque végétaux vaut, dans ma tête à moi, pour tous les champignons, les mousses et les lichens que la science seule sait classer comme il faut en réfléchissant fort pour leur faire un tiroir. Pour ce qui est des omelettes, les premières grosses pluies portaient beaucoup d’espoirs de voir des champignons, peut-être simplement parce qu’on les espère, avec toutes les balades, les errances dans les bois qu’ils peuvent justifier, même les jours où, quand même, il faudrait travailler. Attendre la venue d’une plante, d’un fruit, d’une herbe ou bien des champignons, nous remplis d’impatience à quitter une saison pour entrer dans une autre. Besoin de nouveauté, de changement ou besoin de retrouver tout ce qu’on connaissait les années précédentes, tester notre mémoire et puis tester aussi les possibles retrouvailles, retrouver les souvenirs des années du passé comme on se retrouverait dans un livre déjà lu, à la fois familier et toujours étonnant, dont on connaît l’histoire, mais où on va trouver une phrase si belle qu’on a presque un peu honte de ne pas l’avoir pointée aux précédentes lectures





Les mots, tes mots Juliette suscitent des images comme les nuages, ils nous embarquent une fois encore dans ce quotidien qui s’étire et nous démontre que les petits riens méritent que nous prenions le temps de nous arrêter et de contempler…
Merci Juliette.
Ça sent presque l’automne…il faut s’y préparer pour prendre des couleurs chaudes plein la vue.
J’ai les mêmes tuiles à la maison 😉 mais pas de colchiques . Les guêpiers lancent leurs cris, prêts pour la migration ??
Merci pour ces images
JC