Fin de mi-juin 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Il fait chaud, trop chaud. Trop chaud en cette fin de semaine, une chaleur qui écrase et qui aplatit tout, toutes les envies de bouger, même celle de se souvenir qu’au début de cette semaine ou plutôt de cette période puisque pour ce journal je n’ai pas une semaine de calendrier connu, il faisait certes chaud, mais que les nuages étaient encore un peu présents et nous avaient offert quelques gouttelettes de pluie. Des nuages en lentilles, en piles comme piles d’assiettes ou de meules de fromage. Alors ces nuages-là, les garder en mémoire comme une pile de couettes gardées dans un placard en attendant l’hiver.
Ce trop chaud qui fatigue, fatigue même les couleurs, il nous fatigue les yeux de ses lumières trois vives, de ses contrastes trop forts, les couleurs s’affadissent, se ternissent et pâlissent en même temps que les fleurs fanent. Sur la plupart des arbres, les fleurs sont déjà loin, une histoire de saison qui ne doit rien au temps, celui de la météo, elles se sont faites fruits et nous rendent nerveux à la seule pensée qu’ils finiront séchés avant d’avoir muri. Quelques fleurettes encore, mais peu de frêles, de douces, de pétales veloutés. Peut-être un phénomène un peu particulier autour de par ici où ont été broutées les tendres roses des rosiers. Plus de rose donc ici prés du mur de la maison, mais quand même des couleurs chez les dernières groseilles, les cassis, les framboises, au goût de confiture dès le moment de la cueillette. Pour le reste des couleurs, le vert a pris du bleu, les feuilles des arbres en face sont maintenant épaissies d’une certaine gravité, responsabilité, elles, garantes de l’ombre qui protège les sous-bois, elles modèlent les zones d’ombre dont on a tant besoin.
Alors, se retourner vers ce qui nous préoccupe, ce trop chaud décalé alors qu’on est à peine au début de l’été et que l’étymologie nous parle de Canicule comme d’une étoile lointaine, autre nom de Sirius, petit point qui avec d’autre nous dessine dans la nuit une constellation, celle qu’on appelle Grand Chien. Cette étoile Canicule détermine en été le moment officiel pour les fortes chaleurs, elle se lève en même temps que le brûlant soleil entre le 22 juillet et puis le 23 août. Sur la carte du ciel, pas question en juin de cette étoile Canicule, et pourtant en ce moment on ne parle que d’elle. Ironie du langage et de ses rapprochements qui ne font que souligner le décalage du temps que nous vivons en ce moment.
Alors revenir aux mots, à l’étoile Canicule et au plus frais de la nuit ou au moins du matin quand il est encore temps, regarder dans la lumière voleter les poussières pour trier l’important de ce qui ne l’est pas

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4 réflexions sur « Fin de mi-juin 2026 »

  1. Fini la couleur et le velouté, fini le fripé des coquelicots et le tendre des lys.
    Quant aux fruits, « ’ils finiront séchés avant d’avoir muri. »
    Ici la nuit n’a même plus de frais…
    Vivre en décalage et écrire toujours

    merci à toi Juliette

    1. Mais hier soir, orage. Alors espérer ? Rêver ? Au moins écrire …
      Merci de la compagnie sur ces chemins-là

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