Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Commencer par les orages, comme un poing sur la table, comme une façon de siffler la fin de la canicule. De la pluie, beaucoup d’eau, même si encore trop peu pour refaire les réserves, et du vent, beaucoup de vent, beaucoup trop pour des arbres souvent très affaiblis par cette période sans eau. Les longues pluies qui allaient à la suite des orages n’ont duré finalement qu’un temps finalement court au regard de la sécheresse qui a duré des jours, un tout petit pansement sur une trop grande blessure. Et la fin de la semaine, comme si de rien n’était, qui revient à l’été en ayant oublié les semaines précédentes.
La terre devenue poussière, les feuilles devenues friables et les champs déjà jaunes, on les retrouve aussi tout le long des voies du train en allant des montagnes jusqu’à la capitale. Champs jaunes et vaches absentes.
Une fois dans la ville, guetter les animaux, aller chercher les arbres pour voir un peu comment va la nature quand elle n’est plus chez elle. Dans les parcs et jardins, le sol est fait de sable, de gravier de poussière, presque toujours bien blancs qui reflètent la lumière, nous éblouissent sûrement mais évitent quand même le brûlant de l’asphalte. La poussière soulevée par d’innombrables semelles rend l’air presque aussi trouble que les eaux d’un ruisseau juste après un orage et elle vient se poser sur le rebord des feuilles, faisant vieillir les arbres comme vieillissent les humains, leur faisant une chevelure du plus chic poivre et sel, mais avec beaucoup de sel.
Le sel, l’idée de l’eau et de son manque toujours dans un coin de la tête, penser à la mer, son sel à elle aussi, des petits cristaux blancs somme le sable des allées et en venir à l’eau à elle qui reste toujours le point clé des problèmes quand on a déblayé tout ce qui traîne autour dans ce que sa présence ou bien son manque impliquent. À Paris c’est la Seine qui nous rappelle à l’ordre, dans l’ordre des pensées pour mettre l’eau en avant, elle qui sous forme de pluie nettoie les feuilles des arbres, les abreuve, nous abreuve. Nous divertit aussi, comme pour ces pédalos qui s’ébattent sur les flots du doux canal de l’Ourq, entre ses berges policées de pierres ou de béton, mais qui abritent, joyeuses, de grand éclats de rires dans les éclaboussures. Alors pour un moment, faire une pause de sérieux, oublier une minute les feuilles déjà roussies qui tombent sur le sable des plages de Paris Plage et ne garder que ça, l’éclat de rire de l’enfant dans sa bouée orange au milieu de l’eau sombre




