Archives par mot-clé : lune

Dans la lune

Texte publié en août 2026 dans la revue les villes en voix, les veillées, en très bonne compagnie

C’est l’été. Il fait chaud, trop chaud, bien trop chaud. Quand on rencontre les gens on parle de canicule, quand on regarde les journaux, on voit la canicule, quand on écrit des lettres, on écrit canicule. Alors le soir on lit, au frais sur le balcon, on lit même dans le noir quand on lit sur écran, lettres pâles sur fond gris pour que le clair de l’écran ne vienne pas chasser le sombre du dehors. La nuit arrive doucement avec la fin du jour, elle cache le jaune des herbes déjà sèches, le rouille des feuilles flétries alors qu’elles viennent tout juste de se déplier. Le sombre du jour qui se couche va gommer les couleurs, d’abord les faire pâlir puis les faire basculer dans le monde des souvenirs. De même pour la forêt, qui perd sa profondeur, les formes des arbres ne sont plus que des découpes de papier, des ombres sans épaisseur qui créent des silhouettes sur le plus clair du ciel. Et entre deux sapins, une clarté apparaît, une clarté qui se hausse jusqu’à l’éblouissement, jusqu’au blanc qui nous fait détourner le regard. Alors on ne lit plus, l’écran s’éteint tout seul et la lune se lève. D’abord juste une lueur, comme une ville éclairée de trop de lampadaires, puis tel un béret blanc au sommet de la montagne, qui grossit, s’arrondit, jusqu’à s’en détacher et monter comme une goutte qui sortirait de l’eau. La lune est là, la lune luit, on ne pense plus à lire autre chose que la nuit.

Début août 2026

Journal hebdomadaire de la nature autour, promenade, branche dessus, branche dessous, avec le grand dehors

Retour à la montagne, mais sans grand changement de temps. Commencer la semaine par très chaud, par trop chaud, cette chaleur visqueuse qui vous happe et vous cuit à la sortie du bois ou du sombre de la maison et de ses volets fermés. Hier soir bel orage et même repenser à se vêtir un peu au-delà du fin tee-shirt. Pour la suite on verra, mais pour cette semaine, du chaud encore du chaud, la saison qui avance en butant sur chaque marche, en en manquant plusieurs. Les noisettes tombent déjà, elles ont à peine la forme, sûrement pas la taille encore moins la couleur qu’elles ont lentement acquise quand elles tombent à l’automne, au début de septembre.
Retour à la montagne. Les plantes ont bien poussé, mais pas toutes et pas toutes de la même façon. Les orages de temps en temps on permis de revoir un peu de vert dans le jaune, quelques touffes d’herbe repoussent aux endroits pas trop secs et pas trop exposés aux ardeurs du soleil. Celles qui s’en sortent le mieux, sont de loin toutes les plantes qu’on dirait mauvaises herbes, celles qui meurent et repoussent sans jamais perdre une once de leur motivation. Sous le sec, elles se plient, se couchent sur le sol, le protègent de leur ombre pour qu’il puisse rester frais le plus longtemps possible. Sagesse végétale dont elles renaîtront aux premières gouttes de pluie.
Retour à la montagne pour ramasser les mûres, en faire des confitures, et aller déguster les framboises des chemins qui poussent un peu plus haut au détour d’une balade. Elles, tout comme les myrtilles, en laisser pour les autres qui tout autant que nous, ont pris pain et fromage et ramassé sur place de quoi se faire un dessert des meilleurs qui puissent être, sans oublier, toutefois, de jeter un regard au-dessus des épilobes pour admirer, là-bas, les montagnes d’en face.
Retour à la montagne et retrouver le jardin et les tomates, espiègles qui font tout le contraire des feux qu’on trouve en ville pour essayer, un peu, de réguler , de régler les passages des voitures, des piétons et de tout ce qui peut se déplacer dans ces grandes fourmilières. Ici pour les tomates, le vert est interdit, tandis que le rouge permet le passage de la main qui viendra la cueillir. Sorte de code de couleurs qu’il faut interpréter en fonction de l’endroit et de ses conventions ou faire comme ces insectes qui adoptent les rayures et ainsi sont certains d’avoir toujours sur eux la couleur qui convient même si elle n’est présente qu’une rayure sur deux.
Retour à la montagne et retrouver le soir où on regarde le ciel, où la nuit il fait noir, une vie sans lampadaires. Une fois le soleil caché, il fait un peu plus frais, profiter du moment entre le jour et la nuit, aller lire au dehors et finalement se rendre compte, lorsque la lune se lève et éclaire la scène, que depuis un moment on ne lit plus son livre, mais on lit les étoiles

20230715

"De temps en temps", ça commence par la météo, et ça continue avec ce qui vient en tirant sur le fil

Ensoleillé. Temps chaud et très bien ensoleillé. Quelques passages nuageux, anecdotiques, sur le Nord de la région en cours d’après-midi.
D’autres nuages, plus épais, arrivent en nuit suivante sur l’Ouest de la région et donne des pluies en plaines d’ici la fin de nuit voire le long des Prealpes mais la perturbation ne semble pas rentrer plus à l’Est …
Températures minimales comprises entre +14 et +18 degrés.
Températures maximales comprises entre +32 et +36 degrés.
Isotherme 0° vers 4300 mètres.
Vent modéré a localement sensible de Sud-Ouest.
Prévisions Météo Alpes

Très bien ensoleillé. Soleil en direct pendant presque toute la journée. La nuit, nuages et pluie. Pas de lune. Pas d’étoiles. Pas beaucoup de lumière. Alors dans ces cas là, surtout ne pas allumer, ne pas en rajouter, attendre patiemment que les yeux s’habituent, se fassent au noir ambiant qui deviendra moins noir. En y regardant bien on distingue des formes, des imposantes masses sombres quand d’autres sont plus claires. Des contours simplifiés, sans détails, sans couleurs, silhouettes grossières qui convoquent les mémoires pour mieux s’y retrouver. Mémoire des lieux, mémoire des formes, sélective, élective. Une mémoire pas si courte mais souvent négligée de tout ce qu’on a pas juste là devant les yeux. Les yeux mis de côté, on retrouve son nez, ses pieds et ses oreilles pour reconstruire le monde. Une façon de voir les choses si on regarde bien tout ce qu’on ne voit plus